Projets

Des outils open source et des parcours conçus pour passer à l’échelle

WebLinux

Un système Linux complet qui tourne dans l’onglet du navigateur. Rien à installer, pas de compte, pas de serveur. À essayer ici même.

L’émulateur pèse plusieurs mégaoctets : rien n’est téléchargé tant que le bouton n’est pas pressé.

Le problème

Enseigner Linux en ligne bute sur un obstacle avant même que l’enseignement commence : la prise en main. Comment rendre Linux et le compilateur GCC accessibles à des apprenants qui ne peuvent pas télécharger de gros fichiers sur leur machine, ou qui n’ont pas les compétences pour installer eux-mêmes un système d’exploitation ?

Les réponses habituelles ne tiennent pas à l’échelle d’un MOOC. Les IDE web tiers peuvent modifier sans préavis leur interface, leurs commandes shell, la version du compilateur ou leur tarification, et ne sont pas conçus pour le pic de charge qui précède une date limite de rendu. Donner à chaque apprenant un conteneur sur un serveur Linux fonctionne, mais entraîne des coûts d’hébergement, de maintenance et de sécurité qui croissent à chaque inscription.

L’approche

WebLinux est un fork de Jor1k, l’émulateur JavaScript du processeur OpenRISC 1000 développé par Sebastian Macke, sur lequel démarre un système Linux standard, dans l’onglet du navigateur. Autour, un terminal, un éditeur de code fondé sur ACE et un explorateur de fichiers reposant sur BrowserFS, un système de fichiers volontairement confiné au navigateur pour des raisons de sécurité. Le travail peut être téléchargé en archive zip ou poussé directement vers un dépôt GitHub.

Le choix d’OpenRISC plutôt que des émulateurs x86 est délibéré : JSLinux n’est pas open source et ne peut pas exécuter GCC, V86 est plus lent et plus complexe à exploiter, et Browsix, qui emprunte la voie WebAssembly, ne peut pas non plus exécuter GCC.

Comme tout s’exécute côté client, WebLinux s’installe sur n’importe quel serveur HTTP statique, GitHub Pages compris. Il n’y a aucun serveur à maintenir, donc les coûts d’hébergement, de maintenance et de sécurité ne croissent pas avec le nombre d’apprenants. Et une fois la page chargée, l’outil fonctionne hors ligne, ce qui compte pour les apprenants à connexion faible ou intermittente.

Où il est utilisé

En production depuis 2016 sur FUN-MOOC avec Programmer en C, puis dans les sept MOOCs du certificat C Programming with Linux sur edX, soit plusieurs centaines de milliers d’inscrits au total. Également utilisé en présentiel à l’Institut Villebon — Georges Charpak.

Présenté à ACM Learning@Scale 2018 à Londres avec Lawrence Angrave (University of Illinois Urbana-Champaign) et Ella Hamonic.

Les parcours de MOOCs

C Programming with Linux — edX et Coursera

Un certificat professionnel de sept MOOCs, construit avec Dartmouth College (Petra Bonfert-Taylor, Michael Goudzwaard) et l’équipe de l’IMT en France, lancé sur edX en octobre 2018 puis sur Coursera en 2020.

Plus de 400 000 inscrits, avec un taux de complétion entre 10 % et 20 % selon les mois — et jusqu’à 89 % pour les apprenants qui achètent le certificat — là où l’usage pour un MOOC se situe entre 3 et 4 %. Le parcours a généré 600 k€ de revenus de certificats, dont 150 k€ revenant à l’IMT, et a valu à l’équipe le prix edX Prize for Exceptional Contributions in Online Teaching and Learning en 2019.

Accéder au certificat

Le langage C de A à Z — FUN-MOOC

Le parcours francophone à l’origine de tout : deux MOOCs, ABC du langage C et Programmer en C sur Linux, lancés au printemps 2016 après deux ans de conception, d’outillage et de beta-test intensif avec des élèves de Télécom Paris. Il a reçu le prix MOOC of the Year du MOOC le plus innovant en janvier 2017.

Python

Un parcours de programmation en Python en français, construit avec l’outillage issu des projets TOUCAN et CALAO, en collaboration avec l’Institut Villebon — Georges Charpak, déployé en 2024 sur la plateforme France-IOI. Plusieurs étudiants de Télécom Paris ont participé à l’élaboration du contenu, aux tests et aux intégrations finales.

Open Source Masterclass

Construit depuis 2021 avec Marc Jeanmougin, ingénieur de recherche et meneur du projet open source de dessin vectoriel Inkscape. J’y apporte l’ingénierie pédagogique, la création de contenu et la conception d’activités, et j’assure le pilotage du projet. Déployé en 2025.

opensourcemasterclass.org

Code ton futur

Financé par un PIA (Programme d’investissements d’avenir — 80 k€), ce parcours s’adresse aux élèves de seconde en option Sciences Numériques et Technologiques, pour comprendre l’impact du numérique sur les métiers. Il s’agit d’une série d’activités interactives et ludiques conçues avec Ella Hamonic et Mathias Hiron de France-IOI, adaptables pour une utilisation par les professeurs de lycée dans leurs classes. Nous avons développé des simulateurs dédiés pour les concepts de l’Internet au programme : IP, ping, DNS, domaines, routage et TCP. Déployé en 2025.

Projets plus anciens

TOUCAN (2019) et CALAO (2020) — lauréats des trophées franciliens des innovations numériques du supérieur (58 k€ et 180 k€), pour étendre les outils pédagogiques à d’autres langages de programmation.

Micro-cours Wandida (EPFL) — une playlist de six vidéos sur les systèmes d’exploitation, la virtualisation, l’informatique autonomique et le DNS, enregistrées avec le micro-studio portatif de l’EPFL. L’une d’elles fait partie des plus vues des 600 vidéos de la chaîne, avec plus de 100 000 vues. Voir la playlist

Ateliers Scratch pour enfants — avec Claude Terosier, fondatrice de MagicMakers, les premiers ateliers parisiens de programmation en Scratch pour les 7 à 12 ans, organisés dans les salles de TP de Télécom Paris. Ils ont aussi permis d’envoyer trois étudiantes de Télécom Paris au MIT présenter leurs extensions du langage Scratch à Mitchel Resnick, son créateur.